mercredi 11 janvier 2017

Le combat de la reine Chennemma de Keladi


« Parmi les guerriers de l'époque médiévale indienne et dont la civilisation hindoue est grandement redevable, on découvre la reine Chennamma. Pendant 25 ans de 1671 à 1696, elle a gouverné le petit royaume de Keladi, (aujourd’hui L’État de Karnataka) et s’est battue avec la vigueur d’un guerrier malgré une silhouette très féminine.
La reine Chennamma s'occupait des sujets de son royaume et des serviteurs du palais avec beaucoup d'amour comme s'ils étaient ses propres enfants. Elle n'était pas seulement la femme du roi, mais aussi son conseiller et son ministre de confiance. Si le gouvernement leur avait fait quelque injustice, les sujets qui avaient peur d'aller au roi, se tournaient vers la reine. La reine a été une source d'inspiration pour son mari pour protéger les vertueux. Les habitants de Keladi étaient très attachés à leur reine.
Toutefois, cette situation idyllique ne dura pas. Un jour, lors de la fête du Navaratri, au dernier jour de Dassera, une danseuse célèbre donna un spectacle devant le couple royal. Elle hypnotisa littéralement le roi qui lui donna beaucoup d’argent pour la récompenser de son talent. La danseuse fut promue danseuse de la cour royale et ses parents emménagèrent avec elle près du palais. Petit à petit cette famille d’intrigants prit la place de la reine et le roi déserta le palais et oublia sa femme. Il tomba malade et sa santé se dégrada. Même les ministres et les officiers respectés devaient se rendre à la maison de la danseuse pour discuter de questions d’État.
Chennamma se sentait très triste de voir que son mari qui l'avait aimé si profondément ne venait plus jamais au palais. Elle était toujours en larmes. Auparavant, ses sujets étaient fiers d’avoir un roi idéal comme souverain. Mais maintenant, leur roi ne pensait plus au royaume. Il était comme drogué par cette famille qui l’avait détourné de son devoir et ne pensait qu’à son propre plaisir.

Les nouvelles du mauvais état de santé du roi firent rapidement le tour du royaume et en raison de son indifférence, le chaos se propagea dans la région. Le roi n'avait pas de descendance et cela poserait un problème de succession s’il venait à mourir subitement. De nombreuses personnes se mirent à comploter en vue de prendre le trône. Le sultan de Bijapur, qui avait souvent été vaincu par les rois de Keladi, trouva lui aussi que le moment était opportun d’attaquer le royaume.


Il n'y avait qu'une façon sauver le royaume se dit Chennamma: il fallait qu’elle gouverna elle-même et pour cela, elle devait aller au combat.
La jeune reine avait une grande foi en Dieu et prit ce fardeau écrasant sur ses épaules tendres. La reine héroïque suivit les conseils de son père Siddappa Shetty et demanda l'aide de commandants dignes de confiance. De ses mains délicates ornées de bracelets, elle brandissait maintenant l'épée et repoussait avec succès l'ennemi.
Bientôt, tous les ennemis internes au royaume commencèrent à se montrer. Les opportunistes se dirent que Chennamma serait facilement intimidée et manipulée pour leur profit.
Un jour, le ministre en chef, Thimmanna Nayaka de Kasaragod, alla la voir accompagné de Subnis Krishnappa et lui dit: "Vous devez adopter Veerabhadra Nayaka, qui est le fils du commandant en chef Bhadrappa Nayaka. Sinon, nous allons unir le peuple contre vous et le couronner à votre place." Un autre ministre Narasappayya, proféra la même menace, ainsi qu’un officier supérieur, Lakshmayya.

La reine Chennamma les écouta patiemment. D'un côté, Bharame Mavuta avait le roi sous son emprise et était impatient de prendre le royaume. De l’autre, tous les ministres et d'autres hommes importants étaient prêts à porter sur le trône quelqu'un qui perpétueraient leurs propres positions.
Cependant, la reine ne pouvait approuver aucune de ces options. Mais comme elle n'avait pas d'enfant, elle décida d'adopter un garçon vertueux qui s’occuperait avant tout du bien-être de l'État. Elle choisit Basappa Nayaka et devint sa mère tout autant que sa tutrice pour permettre au royaume de survivre et au peuple de vivre heureux.

Ayant toujours des vues sur le Keladi, le Sultan de Bijapur se dit qu’en lançant une grève bien organisée, il pourrait déstabiliser puis engloutir le royaume. Il envoya un représentant nommé Jannopant pour négocier auprès de la reine. Suivant de près le messager Jannopant, le Sultan avait également envoyé une grande armée sous le commandement de Muzaffar Khan.
Rani Chennamma compris tout de suite le piège et leva une armée au sein de son peuple, en invoquant la gloire de leurs ancêtres. Et contre toute attente, cette armée repoussa les forces du Sultan de Bijapur.
En temps de paix, rani Chennamma était une grande reine. Elle développa les arts et l'éducation. Elle avait créée un Agrahara - une rue entière bordée de maisons de chaque côté – afin d’inviter des universitaires à s'y installer. Jour et nuit Chennamma travaillait pour le bien-être de L’État. Elle agrandit l'armée et renforça la sécurité aux frontières. Quand elle ne travaillait pas pour le royaume, Chennamma passé tout le temps qui lui restait en méditation et en actions de charité et de bonté. Elle fit dons de terres aux rishis et aux institutions religieuses.
L’action la plus courageuse de Rani Chennamma que l’histoire a retenue, c'est la façon dont elle a porté assistance à Rajaram, le 2ème fils du grand Shivaji, quand il tentait d’échapper aux terribles Moghols qui essayaient d'écraser le règne hindou fragilisé après la mort de Shivaji.
Craignant la colère des Moghols, qui étaient à cette époque la plus grande force de l'Inde, peu de royaumes étaient prêts à donner refuge à Rajaram. Un jour, Rajaram se présenta à Keladi et demanda à être protégé. Rani Chennamma accepta immédiatement de l'abriter, car son père Shivaji avait renversé la situation en faveur de beaucoup d’Hindous en Inde. De son point de vue, recevoir ainsi son fils était un devoir pour tout hindou. Pourtant, plusieurs ministres et dirigeants de Keladi, tels que le commandant Bhadrappa et le ministre Narasappayya, entre autres, étaient d'avis que le risque n'en valait pas la peine, parce que le royaume du Mahrastra que Shivaji avait mis en place semblait condamné, sans avenir. Mais Rani Chennamma demera catégorique.
Aurungzeb apprit que Rajaram avait pris refuge à Keladi et il envoya une armée pour les punir. Sous la direction de Rani Chennamma, l'armée de Kaladi repoussa ses attaques avec succès - une grande réussite à une époque où les Moghols étaient très puissants! Le traité qui suivit obligea Aurungzeb à reconnaître Keladi en tant que royaume indépendant.
On ne peut dire combien la nation hindoue est redevable à Rani Chennamma pour sa défense du Maharastra. Plus tard, en quelques dizaines d'années, ce royaume réduisit les Moghols à une entité virtuelle. Si Rani Chennamma n'avait pas pris la bonne décision de porter secours au fils de Shivaji, à ses propres risques et périls, qui sait où l'Inde en serait aujoud'hui? »
Histoire inspirée par: http://hinduhistory.blogspot.fr/2008/02/rani-chennamma-of-keladi.html
Publié par dictionnaire sahaja yoga

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