samedi 31 décembre 2016

La seule question, selon Grégoire de Kalbermatten

Les débuts de Grégoire:
« J'ai eu ma Réalisation autour du 15 août 1975, à Hurst Green, dans le Sussex, dans la maison même de Shri Mataji Nirmala Devi. La période qui a suivi ce tournant de ma vie peut avoir été plus intense, c’est sûr, mais elle a été assez précaire aussi. Je devais quitter les bords de la belle Albion pour retourner à un quotidien ennuyeux et où, d’une certaine façon, la négativité m'attendait de pied ferme... et je ne savais pas à l’époque comment gérer ses multiples formes subtiles et plus grossières. Si j’ai réussi à nager dans ces eaux troubles et à survivre entant que Yogi, c'est évidemment, en raison de la Grâce toujours vigilante de Celle qui m'avait donné la Réalisation. Mais, plus précisément, j’aimerais insister sur deux façons de faire qui se sont avérées être très utiles et m’ont permis de rester connecté à la Réalité.
L’une pourrait s'appeler: «Tracer son chemin vers la Réalisation du Soi».
L’autre: «Fixer le piquet de la tente».

Tracer son chemin vers la Réalisation du Soi
Nous sommes tous des chercheurs. En tant que tels, on s’occupe de nous. Le Divin - ou, en termes plus laïques, l'Inconscient – nous a attiré comme un aimant le fait sur de la poussière de fer; notre mouvement vers la Réalisation du Soi exprime l'impact de son attraction universelle. L'Inconscient veut que nous recevions la Réalisation du Soi (nirvichara samadhi). Il nous ouvre la voie vers elle. Ainsi, il construit soigneusement les moments et les circonstances, il appelle, il met en ouvre des événements et envoie des signaux à l'Atma, souvent bien avant que l’on ne rencontre rencontrer Shri Mataji. L'Atma, le Soi qui est la Conscience-Vérité-Joie est tout ce que nous voulons être et la Réalisation de soi est la première rencontre avec la Réalité capitale, rencontre qui a été préparée avec soin et discrétion par l'Inconscient lui-même.
Après la Réalisation du Soi, quand la négativité essaie de s'installer dans les chakras à moitié nettoyés, quand les doutes et les craintes pleuvent de l'ego orageux et du super-ego, cela nous aide à nous remémorer l'aide précieuse de l'Inconscient : il nous conduit d’une façon délicate vers sa forme la plus insaisissable, la plus efficace qui se soit incarnée, Shri Mataji Nirmala Devi.

Voici un exemple de mon expérience personnelle.
J'ai rencontré Rajesh Shah à l'université de Berkeley, en Californie, en juin 1975. Il m’a parlé avec précaution de Sahaja Yoga et s’est rendu peu de temps après à Londres pendant que je partais avec un ami visiter les déserts d'Arizona et d'Utah en fourgonnette.
Durant ce voyage, beaucoup de choses se sont produites et beaucoup de signaux m’ont été envoyés. Par exemple, à chaque fois que je plantais ma tente, je me retrouverais avec l'étoile de Vénus en face de l'ouverture. Quand je suis arrivé sur le Grand Canyon, le ciel était couvert. Je me suis assis sur la crête du canyon et j'ai prié Dieu pour voir un arc-en-ciel. Au bout de dix minutes, le ciel s'est ouvert et a laissé paraître un ruisseau de lumière dorée qui est retombé dans le fleuve Colorado et a enflammé les murs du canyon. Alors que des nuages noirs et verts passaient au-dessus de ma tête, on m’a donné à voir le plus beau des arcs-en-ciel, en forme de fer à cheval, dont les couleurs allaient d’un bout à l'autre du canyon. C'en était tout simplement trop. J’ai senti que l'Univers était une maison et j'étais l'héritier de cette maison. Je ne me sentais plus seul ni perdu et, les larmes aux yeux, je me suis senti débordant d'amour et de gratitude.
Heureusement, il n'y avait aucun touriste alentour car ils se seraient posés des questions en voyant un garçon sans doute ivre, qui embrassait et serrait dans ses bras tous les arbres sur son chemin.
Je ne savais pas qu’à ce moment-là, Rajesh avait rencontré Shri Mataji à Londres et lui avait parlé de moi, c'est-à-dire, que je ne savais pas que j'étais déjà entré dans son attention omnipotente et omnisciente. Je ne savais non plus, soit dit en passant, que la forme du fer à cheval est un bandhan, le symbole de l'Adi Shakti. Mais j'ai eu l’impression d’entendre un appel, de ressentir un grand, large, énorme amour, son Amour posé sur moi.

Rajesh et moi, nous nous sommes retrouvés à Berkeley. Il m'a montré une photo de Shri Mataji. Quelques jours plus tard, en Grande Bretagne, à l'heure convenue, je me suis retrouvé à attendre dans le couloir de la maison de Shri Mataji, prêt pour ma première rencontre de ce style avec l’Atma Inutile de dire que plus tard, dans les moments de confusion, le souvenir de ces signaux a réconforté ma foi encore vacillante en Sahaja Yoga. Chacun de nous sait puiser dans sa mémoire ces multiples exemples et signaux reçus avant la Réalisation, avant de rencontrer Shri Mataji ou, tout simplement, avant de rencontrer des Sahaja Yogis. Il n’est pas nécessaire qu’il y ait un arc-en-ciel à chaque fois. Mais c'est de l'amour à chaque fois.

Fixer le poteau de la tente
Quand j'ai quitté l'Angleterre, j'étais impatient de partager la bonne nouvelle avec d'autres personnes que je pensais être des chercheurs. Alors, j'ai informé un de mes amis qui avaient beaucoup plus d'expérience que moi sur le sujet car il était passé entre les mains de plusieurs gourous en Inde et ailleurs. Il gardait les images des divers maîtres spéciaux qu'il avait rencontrés, de pierres qu'on lui avait données et aussi une sorte de système de décodage mental qui lui permettait de découvrir qui était un véritable maître et qui n'en était pas un. Malgré ce contexte ou plutôt, à cause de cela, il est totalement passé à côté de Sahaja Yoga, m'a transmis quelques-uns de ses "bhoots" exotiques et ésotériques et m'a rempli de confusion. J'ai alors écrit une lettre à Shri Mataji dans laquelle je lui parlait de mes doutes quant à la faculté de Sahaja Yoga à pouvoir me transformer fondamentalement et transformer le monde. J’étais à la dérive.
Le 25 Septembre 1975 Shri Mataji a eu la bonté de m'envoyer une lettre dans laquelle elle a clairement exposé mon incohérence, montrant combien ma position était précaire et ce que je devrais faire pour accumuler en moi du positif plutôt que m'aligner sur ma négativité. Je prends ici la liberté de citer quelques lignes de cette lettre extraordinaire qui, pour la seconde fois, a sauvé ma vie (spirituelle)...

Les mots de Shri Mataji avaient fixé le poteau de la tente, la tente de Sahaja Yoga pour me protéger du mauvais temps de Kali Yuga; Le pôle sur lequel devait reposer l'édifice de mon Yoga, sur lequel ma confiance dans le Destin et le Soi pouvait être construite. Il m'a semblé que répondre à une seule question était répondre à toutes les autre. Et cette question était: "Qui est Shri Mataji?"
Pour chacun de nous, la réponse à cette question fait la différence entre les châteaux de sable mystiques et la réalité, entre le salut et la fatalité. C'est là que réside la clé du processus d'émancipation collective. Depuis la réception de cette lettre, mon seul but a été et est toujours de pénétrer plus loin le mystère de l'incarnation de Shri Mataji sur cette terre, pour rapprocher ma conscience de son royaume.
Ce royaume, vibrant de langues multicolores de feu, nous le portons tous comme les mille pétales de lotus flottant dans la zone limbique de notre cerveau. Sa porte est étroite, sans doute, mais Shri Mataji m'avait donné le mot de passe. »
Lettre du 06/05/1983, Vienne envoyée à Herbert
Publié par dictionnaire sahaja yoga

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