dimanche 3 mai 2015

L'amour de l'Esprit ne se laisse pas attacher

« Comme Je vous l'ai dit précédemment, la sève de l'arbre monte pour nourrir chaque fruit, chaque feuille, chaque partie et redescend, elle n'est pas attachée. Si elle était attachée à une seule partie ou à une seule fleur parce qu'elle est plus belle, alors l'arbre mourrait et ses fleurs mourraient aussi – voilà ce qu’est la mort de l'amour.
Donc, vous devez avoir un amour qui ne se laisse pas emporter ni attacher. Chaque fois que Je dis cela, on me demande comment faire. L'amour de l'Esprit est de cette nature. L'amour d'un mental conditionné est différent: il peut aimer mais d'une manière limitée car il est conditionné.
Ensuite, le plus grand ennemi de l'amour, c'est l'ego qui est en nous comme un ballon au sommet de notre tête, et cet ego nous donne beaucoup de pression. Le conditionnement bien sûr, comme, par exemple, ils voient un tapis qui n’est pas bien selon leur conditionnement, ils diront: "Oh quel tapis!" Ou quelque chose d’autre; ce genre de conditionnement est d’un niveau très médiocre.
Et au niveau le plus haut, il y a le conditionnement d’aimer son propre pays: "mon pays est le meilleur, s’il est en train de tuer les gens, s’il est en train de détruire la paix dans le monde, tout va bien parce que je fais partie d'un pays particulier qui est le meilleur". On ne peut jamais critiquer son pays et ses compatriotes. Cela devient de plus en plus subtil…
J’ai lu le livre de Rabindranath Tagore, dont un Anglais a fait une très belle préface, une introduction : il a écrit que l’Occident a assassiné la créativité. Il a interrogé un critique (littéraire) Indien pour lui demander :
- Ne critiquez-vous pas vos poètes ? N’avez-vous des gens qui sont des critiques?
- Oui, bien sûr, nous en avons, ils font des critiques.
- Et que critiquent-ils ?
- Oh, ils peuvent critiquer que cette fois-ci, il n’y a pas eu de pluie, ce qui induit des problèmes et autres choses.
- Non, non, nous pensions au sujet des poètes. Est-ce qu’ils critiquent les poètes? Est-ce qu’ils critiquent les artistes ?
- Une œuvre est-elle destinée à être critiquée ? Elle a été créée, l’artiste a créé ce qu’il a ressenti. Mais supposons qu’il ait introduit quelque chose de très vulgaire, alors là bien sûr, on n’aimerait pas. Mais si cela a été créé dans un bel esprit, cela doit être beau, et on ne critiquera pas. Il a ajouté : "Non, car nous sommes incapables de créer comme cela. "
- Qui vous parle de créer ? Voici avec quelle intelligence nous avons procédé. Nous avons des normes pour tout, au sujet de l’art et pour chaque création. Nous n’aimons pas ce tapis, pourquoi ? Car il ne correspond pas à notre compréhension intellectuelle des normes que nous avons créées, et il ne rentre pas dans ce cadre, donc nous ne l’aimons pas.

Pouvez-vous seulement créer une petite partie de cette œuvre?
Donc cet ego vous autorise à mal agir, vous n'êtes pas autorisé, “anadhikara carca”, non autorisé. Vous n’avez aucune autorité pour critiquer. Vous ne pouvez rien créer, alors pourquoi devriez-vous critiquer ? Il vaut mieux apprécier, et voir de vous-même que vous n’avez aucune autorité pour critiquer, vous n’êtes pas digne de cet art pour le critiquer. Si vous n'en êtes pas digne, pourquoi devriez-vous critiquez quoi que ce soit ?
Sinon aussi, sachez que vous êtes l’esclave de votre ego: tout ce que votre ego ou votre intelligence vous dicte, votre prétendue intelligence, vous entraîne jusqu’au point de créer des normes, puis cela devient l’ego collectif d’une communauté particulière, d’un pays spécifique, d’une idéologie spéciale. Comme c’est collectif, ils disent ensuite: "Oh, voyez-vous, nous pensons que ce n’est pas de l’art."

C’est la raison pour laquelle nous ne pouvons plus avoir de maîtres dans le domaine de l'art. Nous ne pouvons plus avoir de Rembrandt. Le pauvre Rembrandt doit avoir lui-même beaucoup souffert, vous savez, comme Gauguin qui a beaucoup souffert. Tous ces artistes ont beaucoup souffert, même Michel Ange a beaucoup souffert. Pas seulement au niveau financier, pas seulement financièrement mais d’une autre façon, à cause des critiques, ds critiques et des critiques. Je pense donc que les gens ont baissé les bras. »
Shri Mataji Nirmala Devi, Sahasrara Puja, Sorrento, Italie, 06/05/1989
Publié par dictionnaire sahaja yoga

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