samedi 8 novembre 2014

Notre existence est un rêve


« Notre existence inconsciente est l’existence réelle et notre monde conscient est une espèce d’illusion ou une réalité apparente fabriquée en vue d’un certain but, un peu comme un rêve qui, lui aussi, semble être la réalité tant qu’on s’y trouve plongé. Il est clair que cette vue des choses a beaucoup de ressemblances avec la conception orientale du monde, dans la mesure où celle-ci croit en la Maya. 
La totalité inconsciente me paraît donc être le véritable "spiritus rector", l'esprit directeur, de tout phénomène biologique et psychique. Elle tend à la réalisation totale, donc en ce qui concerne l’homme, à la prise de conscience totale. La prise de conscience est culture au sens le plus large et par conséquent la connaissance de soi est l’essence et le cœur de ce processus. 
Il est indubitable que l’Orient attribue au Soi une valeur divine et que selon la vieille conception du christianisme, la connaissance de soi est la route qui conduit à la "cognitio dei", la connaissance de Dieu. Pour l’homme, la question décisive est celle-ci : te réfères-tu ou non à l’Infini ? Tel est le critère de sa vie. 
C’est uniquement si je sais que l’Illimité est l’essentiel que je n’attache pas d’intérêt à des futilités et à des choses qui n’ont pas une importance décisive. Si je l’ignore, j’insiste pour que le monde me reconnaisse une certaine valeur pour telle ou telle qualité, que je conçois comme propriété personnelle : mes dons ou ma beauté, peut-être. Plus l’homme met l’accent sur une fausse possession, moins il peut sentir l’essentiel, et plus il manque de satisfaction dans la vie. Il se sent limité, parce que ses intentions sont bornées, et il en résulte envie et jalousie. 
Si nous comprenons et sentons que dans cette vie déjà, nous sommes rattachés à l’Infini, désirs et attitude se modifient. Finalement, nous ne valons que par l’essentiel, et si on n’y a pas trouvé accès, la vie est gaspillée. » 
C.G. Jung « Ma vie », première édition en français 1966, Folio, Gallimard, chapitre 11 
Publié par dictionnaire sahaja yoga

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire