vendredi 17 juin 2011

Si, de Rudyard Kipling


Si tu peux garder la tête froide
Lorsque tout ceux qui t’entourent perdent la leur et rejètent le blâme sur toi
Si tu peux te fier à toi-même, quand tous les autres doutent de toi
Tout en tenant compte aussi de leur doute;

Si tu peux attendre sans te fatiguer d’attendre,
Ou être calomnié, sans avoir recours au mensonge
Ou être haï, sans avoir recours à la haine
Et cependant ne pas afficher ta vertu, ne pas trop sagement parler:

Si tu peux rêver, sans faire du rêve ton maître;
Si tu peux réfléchir, et ne pas faire des pensées ton but;
Si tu peux rencontrer le Triomphe ou bien le Désastre
Et traiter également ces deux imposteurs;

Si tu peux supporter d'entendre la vérité que tu as proclamée
Travestie par des fripons pour piéger les idiots,
Ou voir brisé ce pour quoi tu as donné ta vie,
Puis te baisser pour le reconstruire à l’aide d’outils usés:

Si tu peux rassembler tous tes gains
Et les jouer sur un coup de dés,
Les perdre, puis repartir comme à tes débuts
Et ne jamais souffler mot de ta perte;

Si tu peux contraindre ton cœur et tes nerfs
A te servir encore bien après qu’ils aient été épuisés,
Et à tenir bon quand il n'y a rien plus rien en toi
Hormis la Volonté qui te dit: "Tiens bon!"

Si tu peux parler aux foules et rester humble,
Ou marcher avec des Rois, sans perdre le sens commun,
Si aucun ennemi ni aucun ami ne peut te blesser,
Si tous les hommes comptent pour toi, mais aucun par trop;

Si pour chaque implacable minute
Tu peux faire bon usage des ces soixante secondes,
La Terre et tout ce qu'elle contient seront à toi,
Et, qui plus est, tu seras un Homme, mon fils!

Ce poème fut écrit en 1910 par Rudyard Kipling à l'intention de son fils, John, alors âgé de 12 ans. John, devenu un très jeune homme, mourut lors de la première guerre mondiale. C'est un formidable example de détachement que Kipling offre comme leçon de vie à son enfant. Il existe de nombreuses traductions fantaisistes voire fausses, sur le net, alors voici l'original qui peut confirmer cette traduction.


If , by Rudyard Kipling

If you can keep your head when all about you
Are losing theirs and blaming it on you,
If you can trust yourself when all men doubt you,
But make allowance for their doubting too;

If you can wait and not be tired by waiting,
Or being lied about, don't deal in lies,
Or being hated don't give way to hating,
And yet don't look too good, nor talk too wise:

If you can dream—and not make dreams your master;
If you can think—and not make thoughts your aim;
If you can meet with Triumph and Disaster
And treat those two impostors just the same;

If you can bear to hear the truth you've spoken
Twisted by knaves to make a trap for fools,
Or watch the things you gave your life to, broken,
And stoop and build 'em up with worn-out tools:

If you can make one heap of all your winnings
And risk it on one turn of pitch-and-toss,
And lose, and start again at your beginnings
And never breathe a word about your loss;

If you can force your heart and nerve and sinew
To serve your turn long after they are gone,
And so hold on when there is nothing in you
Except the Will which says to them: 'Hold on!'

If you can talk with crowds and keep your virtue,
Or walk with Kings—nor lose the common touch,
If neither foes nor loving friends can hurt you,
If all men count with you, but none too much;

If you can fill the unforgiving minute
With sixty seconds' worth of distance run,
Yours is the Earth and everything that's in it,
And—which is more—you'll be a Man, my son!

Publié par dictionnaire sahaja yoga

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