vendredi 25 mars 2011

Les belles chaussures



« Un soir, Shri Mataji venait juste de terminer un discours très inspirant lors d’une rencontre internationale de yogis, et au lieu de s'attarder sur scène, elle a décidé de s’en aller. Je me suis précipitée pour l’aider à enfiler ses chaussures et l’accompagner à rentrer. Comme son départ avait été soudain, je n'ai pas eu le temps de rassembler mes affaires ni de retrouver mes propres chaussures. Je me souviens avoir été intimidée, assise en voiture avec Shri Mataji, dans une telle proximité, en particulier après une telle soirée.
Elle était très impressionnante, ayant la forme du Sat Gourou, apparaissant imposante comme une montagne. A ce moment, j’ai eu envie d’être très très petite, de sorte qu'au lieu d’être à côté d'elle, je serais au niveau de ses pieds de Lotus. Je me suis sentie fondre dans le sol, quand soudain, une pensée a surgi : elle concernait mes chaussures, laissées en hâte sur le lieu du discours. Allais-je les retrouver plus tard ? Me suis-je demandée. Immédiatement, je me suis dit: "Dany, comment peux-tu penser à tes chaussures, en présence de Shri Mataji, alors que tu pourrais prier pour l'émancipation de l'Univers !" J'ai repoussé au loin les pensées de mes chaussures, enfin c’est ce que j’ai cru, car peut-être étaient-elles toujours là, nichées au fond de mon esprit.
Quand nous sommes arrivées, il est devenu évident que le départ de Shri Mataji avait été si inattendu, qu'il n'y aurait aucun yogi pour l’accueillir ni pour préparer son dîner, il n’y avait également aucune trace de nourriture dans la cuisine. J'ai accompagné Shri Mataji dans sa chambre, avec l'intention d'explorer les possibilités de cuisiner, mais elle m’a simplement dit: « Tu sais, tout ce que je veux manger ce sont quelques saucisses de Francfort, puis j'ai besoin de repos. » Je suis allée dans la cuisine où j’ai trouvé une simple boîte de conserve de saucisses de Francfort! …
Pleine de ses vibrations, j'ai finalement quitté sa chambre car cela semblait être le bon moment pour le faire. La maison était maintenant complètement animée de yogis assis autour de la table pour partager un repas... Peu de temps après les avoir rejoints, du coin de l'œil, j'ai aperçu un yogi portant respectueusement et religieusement une paire de chaussures sur un coussin. Je n'ai pas tout de suite réalisé combien c’était étrange, car après tout, c’était moi qui avait enfilé les chaussures aux pieds de Shri Mataji. En raison de l’état serein et profondément méditatif dans lequel je me trouvais, c'était comme si tout se passait au ralenti. C'est seulement quand il s’est approché que j'ai compris. J’ai dit : "ce sont mes chaussures!"
Je n'oublierai jamais le regard penaud sur le visage de ce pauvre yogi, (j'espère qu'il m’a pardonné), ni le bruit des rires joyeux des autres yogis témoins de la scène. Plus tard, j'ai réfléchi à mon inquiétude passagère dans la voiture concernant mes chaussures et j'ai réalisé que Shri Mataji m'a enseigné là une notion importante sur ce qu’est l’attention, avec un humour prononcé : "Quand tu es avec moi, fais attention à ce que tu désires. Si ce sont des chaussures que tu veux, les voici portées à toi sur un coussin!"
Selon les propos de Danya, à Vienne, l'Autriche dans le milieu des années 80. 
Publié par dictionnaire sahaja yoga

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire