lundi 28 février 2011

Shri Mataji a quitté ce monde



Le mercredi 23 Février, Mme Nirmala Srivastava, connue dans le monde entier sous le nom de Shri Mataji Nirmala Devi, fondatrice du Sahaja Yoga, est décédée dans sa maison de Gênes, en Italie.

Nirmala Salve est née le 21 Mars 1923 à Chindwara, au Maharashtra en Inde, de Prasad et Cornelia Salve, un couple d'Indiens chrétien, descendants directs de la dynastie royale Shalivahana, très respectée en Inde. La mère de Nirmala a été la première femme indienne à recevoir un diplôme universitaire en mathématiques, son père était un célèbre avocat, linguiste parlant 14 langues, qui a traduit le Coran en Marathi. La famille a été étroitement liée au Mahatma Gandhi et a vécu dans son ashram pendant plusieurs années. Nirmala, jeune-fille, a aussi joué un rôle actif dans la lutte pour la liberté lancée par le Mahatma Gandhi. Toute la famille a rejoint le mouvement Quit India en 1942, ce qui a conduit à plusieurs arrestations de ses parents ainsi que d'elle-même. Son père a été membre de l'Assemblée constituante de l'Inde, le seul membre chrétien, et a contribué à écrire la première constitution de l'Inde.

Nirmala a étudié la médecine et la psychologie à la Christian Medical Collège à Ludhiana et au Balakram Medical College de Lahore mais a interrompu en urgence ses études au moment de la partition en 1947. Peu avant l'Indépendance de l'Inde, elle a épousé Chandrika Prasad (CP) Srivastava, un haut fonctionnaire civil. Le couple a eu deux filles, Kalpana et Sadhana. Mme Srivastava a passé les années suivantes en tant que femme au foyer, à élever ses enfants et à soutenir son mari dans son nouveau rôle de secrétaire particulier du Premier ministre Lal Bahadur Shastri.

Sa famille a toujours eu un rôle de mécénat vis-à-vis de l'art et de la musique en particulier. En 1961, Mme Srivastava a lancé la Société de la Jeunesse pour les Films, afin d'insuffler des valeurs nationales, sociales et morales chez les jeunes à travers le milieu du cinéma. Elle a également été membre de l'Indien Film Censor Board.

Tout au long de sa vie, elle a continué à soutenir la musique et les arts, en invitant à des concerts les plus grands noms de la musique classique indienne, en construisant une académie des arts et de la musique au nom de son père.

Le 5 mai 1970, un nouveau chapitre dans la vie de Mme Srivastava a commencé. Après avoir vu comment des hommes sans scrupules se posaient comme gourous et pour exploiter de jeunes touristes qui venaient visiter l'Inde à la recherche de l'illumination spirituelle, elle est entrée dans un état de méditation profonde sur une plage du Gujarat, Nargol. Au cours de cette méditation, elle a été témoin de la montée de l'Adi Kundalini, l'énergie primordiale qui soutient l'univers. Dans cet état, elle a réalisé qu'il était de son devoir de partager cette prise de conscience spirituelle avec l'humanité et d'offrir gratuitement la Réalisation, autrement dit l'Illumination, à toute personne qui le désirerait, à travers un processus d'éveil en masse d'une énergie éternelle, la kundalini. Peu de temps après cette expérience, elle a débuté à Mumbai (Bombay) la pratique de cette nouvelle technique de méditation simple, qu'elle a appelé Sahaja Yoga, qui signifie l'union spontanée, et s'est fait connaître sous le nom de Shri Mataji Nirmala Devi.

En 1972, Shri Mataji, voyageant aux États-Unis, a publiquement mis en garde contre la prolifération des "gourous" en provenance de l'Inde dont l'intérêt principal était en fait l'argent et qui n'avaient pas la capacité de donner l'éveil spirituel. En 1974, son mari, qui à l'époque était le directeur général de la Shipping Corporation of India, a été élu Secrétaire général de l'Organisation Maritime Internationale (OMI), une agence des Nations Unies basé à Londres. Il a été réélu quatre fois à cette position, ce qui est un reccord, et, en 1990, on lui a décerné le titre d'honneur de Chevalier Commandeur de l'Ordre de St Michel et St Georges (KCMG) pour ses services au sein de l'organisation maritime.

Son séjour à Londres a marqué le début son travail pour faire connaître Sahaja Yoga. Elle a commencé avec "sept hippies", comme elle les appelle alors. De ces débuts, par le biais de réunions libres organisées dans de petites salles autour de Londres, la technique a commencé à se faire connaître, et Shri Mataji a commencé à voyager à ses propres frais dans tout le Royaume-Uni, et à tenir des conférences pour donner l'expérience de la Réalisation du Soi.

Dans les années 80, Sahaja Yoga a augmenté de manière exponentielle et Shri Mataji a beaucoup voyagé à travers l'Europe, en Australie et en Amérique. Elle a également visité toute l'Inde, où elle a été vénérée et adorée comme une déesse vivante, des plus petits villages aux grandes villes. Au début des années 90, elle et son mari ont acheté une maison à Cabella Ligure, dans la campagne italienne. Elle a continué à voyager de part le monde, inlassablement, de la Russie à la Chine, pour répandre son message de paix, de conscience collective et de l'illumination, aidé par le nombre croissant de yogis pratiquant sa technique de l'éveil de la Kundalini, qu'elle décrit comme «une bougie en allumant une autre».

Elle remplit des lieux aussi variés que le Royal Albert Hall à Londres ou des centres sportifs en Russie et en Inde. En 2004, après 30 années de conférences publiques, elle a décidé de restreindre ses tournées et conférences. Elle s'est retirée de la vie publique pour passer plus de temps avec sa famille et pour laisser le mouvement qu'elle avait initié, se développer naturellement, tout en étant disponible pour offrir des conseils.

Au cours de ces quarante ans, sa vision d'un monde de paix unifiant des personnes de tous pays, est passée d'une poignée de fidèles à un mouvement de renommée internationale qui l'a menée à être nominée pour le Prix Nobel de la paix en 1995. Elle a construit des hôpitaux, des écoles, des académies de musique et d'art, des refuges pour femmes battues et leurs enfants, autour de la pratique du Sahaja Yoga, ainsi que des centres internationaux pour la méditation.

Sa sagesse, son rire, son sens de l'humour, et son insondable connaissance experte sur presque tous les sujets, la rendent immortelle aux yeux de ceux qui l'ont rencontrée. Elle a été éloquente, pragmatique et pleine de compassion. Sa préoccupation véritable a été d'aider toutes personnes recherchant la vérité. Sa générosité, à la fois spirituelle et matérielle, n'a pas montré de limites, car, avant tout, elle a été une mère envers chaque personne qu'elle a rencontrée, et a aimé d'une façon une égale ceux qu'elle a appelé ses enfants.

Shri Mataji laisse derrière elle son mari, ses deux filles, quatre petits-enfants et arrière petits-enfants. Elle est retournée dimanche 27 février dans son Inde bien-aimée et elle a été enterrée ce lundi 28 février à New Dehli accompagnée par des centaines de milliers de personnes partageant la même grande ferveur.

Publié par dictionnaire sahaja yoga

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire