Rumi, Mathnawi

« ...La flûte parle de la Voie ensanglantée de l'Amour, elle rappelle l'histoire de la passion de Madjnûn. A celui-là seul qui a renoncé au sens est confié ce sens : la langue n'a d'autre client que l'oreille. Dans notre affliction, les jours sont devenus moroses ; nos jours cheminent avec les peines brûlantes.
Si j'étais joint à la lèvre de quelqu'un qui fût en accord avec moi, moi aussi, comme le pipeau, je dirais tout ce qui peut être dit ;
Mais quiconque est séparé de celui qui parle, son langage devient muet, même s'il a cent mélodies.
Quand la rose aura disparu et le jardin fané, tu n'entendras plus l'histoire du rossignol.
Le Bien-Aimé est tout, l'amant n'est qu'un voile ; le Bien-Aimé est vivant, et l'amant chose morte. Quand l'Amour ne se soucie plus de lui, il reste comme un oiseau sans ailes. Hélas pour lui !
Comment pourrais-je avoir conscience de ce qui est devant ou derrière moi quand la Lumière de mon Bien-Aimé n'est pas devant et derrière moi?
L'Amour veut que cette Parole soit manifestée : si le miroir ne reflète rien, quelle en est la cause ?
Sais-tu pourquoi le miroir de ton âme ne reflète rien ? Parce que la rouille n'a pas été enlevée de sa face. Ô mes amis, écoutez cette histoire : en vérité, c'est l'essence même de notre état spirituel. »
Jalal Al Din Rumi, Mathnawî, La Quête de l'Absolu
de Eva de Vitray-Meyerovitch, ed. Le Rocher 1990
L’histoire d’amour entre Layli et Madjnun est une légende des plus populaires du Moyen Orient. La version originale de la littérature arabe date du VII siècle. Elle a été reprise au XII siècle par le poète perse Nezami et appartient à la littérature classique persane. Ce n’est pas simplement une histoire d’amour classique, mais une profonde allégorie spirituelle comme l’histoire entre Radha et Krishna.
Image : Dervishes dansant (detail), Herat, 1490s. Metropolitan Museum of Art, New York.
Plus sur : http://soufis-sahajayoga.blogspot.com/
Publié par dictionnaire sahaja yoga
Commentaires
Enregistrer un commentaire