lundi 15 mars 2010

De Danu à Brigid

Dana :
Dana, Danu ou Anu, était la déesse primordiale proto-celte européenne. Les Tuatha Dé Danann, le peuple de la déesse Danu, les anciens, ou les brillants, sont une race mythique de dieux et de héros. Dans le manuscrit de l’évêque Cormac de Cashel, au Xème siècle, Dana porte le nom d’Ana et d’Anu. Elle serait à l’origine de l'installation de son peuple en Irlande.
Selon certaines légendes, ils viennent des Dananns, anciens marins de la Méditerranée, qui, au début du 2ème millénaire avant Jésus Christ, ont abandonné certains de leurs territoires côtiers de la mer Egée et en Asie Mineure, pour migrer vers les régions du nord de l'Europe.

Dagda, le fils de Danu, était leur plus puissant chef. Il serait venu en Irlande avec druides et druidesses. Finalement, ils auraient été eux-mêmes conquis par les Milésiens en provenance d'Asie Mineure. Après leur défaite, ils se seraient retirés à Tir na n-Og, la terre de la jeunesse, ou bien auraient continué à vivre en Irlande à l’intérieur de collines les tertres Sidh, ou collines sacrées, mais dissimulés par la magie aux yeux des mortels. C’est pourquoi on appelait aussi les Tuatha Dé Danann, les Gens du Sidh. Aujourd'hui, ils sont représentés par les fées aux pouvoirs surnaturels.

On retrouve la racine 'Dana" "Danu" dans différents noms et à divers endroits en Europe, dont le plus connu est le fleuve Danube. Cette déesse était vénérée dans l’ensemble du monde proto celtique et probablement par tous les Indo Européens.
Remarque : en Inde, il existe une divinité nommée Danu qui a engendré une race de géants, les Danavas. Les Dânapati sont les donateurs des monastères bouddhiques et "dâna" signifie "le don", ce qui fait de Danu une déesse de la fertilité et de la prospérité. C’est le même symbole chez les Celtes.
Brigid :
Brigid vient de la déesse primordiale Danu. On la retrouve chez de nombreuses tribus européennes. C’est la Déesse Mère aux trois aspects qui sont des déclinaisons d’elle-même : elle est déesse de la poésie et des arts, de la médecine et des forgerons, du tissage. C’est aussi une déesse de l'abondance, très priée pour recevoir la prospérité, et exploite les bienfaits de la nature pour le bien du peuple.
Elle est également connue sous le nom Brigid, Bridget, Brighid, Brighde, Brig ou Bride. Certains chercheurs pensent que son nom remonte à la "brihati" mot sanskrit védique, une épithète du divin. Plus sûr, l’origine des noms Brigid et Brigantia dérivent du proto-celte « brigantija » ou « brigantis », « très haute », « très élevée », avec pour racine le mot « Briga », hauteur, forteresse.
Selon le glossaire de Cormac au X ème siècle, c’est la fille de Dagda, le fils de Danu, le "Grand Dieu" du peuple des Tuatha de Danann. Cormac appelle Brigid «une femme de sagesse ... une déesse adorée des poètes, parce que sa protection était très grande." Brigid était considérée comme la grande source d'inspiration derrière la divination et la prophétie, la source des oracles.

Voici quelques exemples de noms qui dérivent de "Brigid". En Bretagne armoricaine: Brigantis. En Ecosse : Brid, Bride. En Gaule (nom de la future France) : Berecyntia, Brig, Brigandu, Brigantia. En Irlande : Brig, Brigid, Brigh, Brighit. Au Pays de Galles : Brigid. En Suisse : Brigindo.
Certains cours d'eau irlandais portent son nom, de même que des endroits aussi éloignés que Breconshire au Pays de Galles, Brechin en Ecosse et à Bregenz en Autriche, qui fut jadis la capitale de la tribu Brigantii, la ville de Briançon en France. Les Brigantii adoraient la déesse Brigantia, qui est considérée comme un autre aspect de Brigid. On retrouve d'ailleurs dans le nord de l'Angleterre, des noms de lieux et des sculptures de pierre évoquant la Déesse Mère. Ces différents exemples confirment le rôle primordial qu'a eu cette Déesse dans toute l'Europe.

Plus sur : Patricia Monaghan's The New Book of Goddesses and Heroines
Published by Llewellyn, copyright 1997.
Le groupe Trianjali, extrait du morceau "Rain of vibrations" , enregistré en concert à Londres en janvier 2009. Avec Romain Mollard aux tablas, Gabriel Ion au Violon et Catherine N' Guyen à la harpe. Plus sur : http://www.myspace.com/romainmollard

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire