vendredi 10 mai 2013

De la nécessité de shoebeater



« Un jour, à Brompton square, vers 1983, Shri Mataji lisait quelques lettres, dont celle d’un Sahaja Yogi qui était allé en Espagne et y avait démarré Sahaja Yoga. Or, Shri Mataji lui avait demandé de lui écrire pour lui rapporter sa situation. Mais dans sa lettre, il ne faisait que parler de ses problèmes pour "shoebeater". Alors Shri Mataji nous lut un extrait de cette lettre : il se plaignait que les choses étaient difficiles là-bas, parce qu'il n'était pas capable de "shoebeater" correctement. Comme son appartement était environné de grands immeubles, et qu’il ne disposait pas d'un jardin, il estimait que sa seule option était de "shoebeater" sur la partie extérieure de la fenêtre, afin de "shoebeater" en dehors de la maison, plutôt qu’à l'intérieur. Mais son problème était que ses voisins l’observaient et donc il ne pouvait pas se concentrer correctement. Voilà ce qu'était son problème.

Shri Mataji dit qu'Elle était triste de voir les gens lui écrire et discuter de problèmes et de questions aussi mineurs, et qu'Elle était très déçue de recevoir une lettre comme ça. Pour cette raison, nous n'osions pas demander à Shri Mataji quelle était la réponse à cette petite question, bien que nous aurions voulu savoir ce qu’il eut fallu faire en de telles circonstances. Nous avions déjà entendu parler de "shoebeater" sur le rebord de la fenêtre avant, mais maintenant, il y avait le problème du voisinage, alors que faire? Même si nous n'avions rien demandé à cette occasion, il apparut que cette question avait déjà été posée plusieurs fois à Shri Mataji par d'autres yogis. La réponse était que, si les circonstances ne permettent pas de "shoebeater" à l'extérieur, il est permis de le faire à l'intérieur. Et si le problème c’est que l'on s'inquiète de causer du bruit aux voisins, Shri Mataji dit une fois qu'il est même autorisé de "shoebeater" sur un oreiller. En un mot, la chose importante est qu'il est autorisé de "shoebeater" à l'intérieur, dans certaines circonstances, et qu'on doit, en quelque sorte, trouver une solution pour "shoebeater"…

A plusieurs reprises, nous avions vu Shri Mataji Elle-même utiliser différentes façons pour le "shoebeating" : tout en étant assise sur un canapé, les pieds nus et sans utiliser de chaussures, Shri Mataji posait son attention sur un certain problème et frappait ensuite le sol avec son propre talon (gauche), tout en comptant un certain nombre de fois. Cela prenait à peine une minute ou deux. On pouvait voir que Shri Mataji comptait mentalement et se concentrait sur le problème. Il y avait un certain rythme dans la frappe du pied, et Shri Mataji ne parlait pas en le faisant, et personne non plus ne lui parlait afin de ne pas l’interrompre.

En d'autres occasions, Shri Mataji utilisait une autre version du "shoebeating" : très discrètement, dans la rue, cette fois-ci chaussures au pied, Shri Mataji se tenait debout et frappait le sol avec le talon (gauche) de son pied, mais Elle n'était pas pieds nus et portait ses chaussures pendant cette opération. Elle était debout dans un coin de la rue, près d’un mur, et frappait le sol avec le talon gauche de son pied, mais cela était si discret que personne ne remarquait ce que Shri Mataji faisait, parce qu'Elle levait à peine le talon tout en appuyant doucement sur le sol, avec une frappe et un rythme rapide mais quasi silencieux. Shri Mataji était concentrée tout en faisant cela, ne parlait pas et nous nous tenions tranquilles en attendant la fin du "shoebeating". J'ai également vu Shri Mataji "shoebeater" ainsi dehors avant d'entrer pour donner un programme public… »
D’après le témoignage de Luis

La technique du "shoebeating" est, comme toutes les autres techniques de Sahaja Yoga, une façon de poser son attention sur quelque chose et de mobiliser des pouvoirs qui sont en nous. Ces pouvoirs sont personnalisés par les Déités qui résident au centre de nos chakras. Le "shoebeating" consiste à utiliser les pouvoirs de Shri Ganesha, qui est représenté dans notre talon gauche, ainsi que ceux de la Terre Mère, qui absorbe nos problèmes. C'est l'action de notre désir qui permet de mettre en marche ces pouvoirs. Mais pour que cela soit efficace, en plus d'être Réalisé, il faut avoir une certaine distance par rapport aux problèmes et vraiment s’en détacher. C'est pourquoi l'on passe par les éléments : on remet à la Terre notre désir de voir les choses changer. C’est une technique pour les Sahaja Yogis ayant établi leur méditation, et qui fait ressortir les problèmes pour le bien de tous ; comme toujours, on n’a aucun contrôle sur le résultat car ce qui est bien pour quelqu’un est une notion qui échappe à notre entendement. Cela ne suppose nullement une issue attendue à un problème, mais c'est une façon de demander à la Terre Mère de traiter, de la meilleure façon possible, tous les intéressés.

Il s'agirait peut-être aussi d'une technique ancienne "de nettoyage" utilisée par les soufis pour offrir la négativité à la Terre Mère.
Shoebeater consiste à dessiner un cercle sur le sol, ce qui symboliqe un bandhan de protection et de respect envers la terre, de son index, puis d'écrire dans le cercle ce qui est préoccupant. Ensuite, le cercle est martelé doucement avec le talon de sa chaussure gauche.


Dans la Bible, à l’Evangile selon Saint Jean, chapitre 8, on retrouve aussi ce qui pourrait être des traces de cette technique : Jésus écrit d’abord sur le sol avec son doigt, quand on lui demande s'il est permis de lapider une femme prise en flagrant délit d'adultère, avant de donner sa réponse :
"3 Les Sopherîm et les Peroushîm amènent une femme surprise en adultère. Ils la placent debout, au milieu,
4 et ils lui disent : "Rabbi, cette femme a été surprise en flagrant délit d'adultère.
5 Dans la tora, Moshè nous a prescrit de lapider celles-là. Toi, donc, qu'en dis-tu ?
6 Ils disent cela pour l'éprouver, pour avoir de quoi l'accuser. Mais Iéshoua' se penche et, de son doigt, il écrit à terre.
7 Ils demeurent à le questionner. Il se redresse et leur dit : "Celui d'entre vous qui est sans faute, qu'il jette le premier une pierre sur elle"!
8 Il se penche de nouveau et il écrit à terre.
9 Eux entendent et sortent, un à un, à commencer par les plus vieux. Iéshoua' demeure seul, et la femme est au milieu.
10 Iéshoua' se redresse et lui dit : "Femme, où sont-ils ? Personne ne t'a condamnée ?
11 Elle dit : "Pas un, Adôn"! Alors Iéshoua' lui dit : "Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne faute plus"!
12 De nouveau donc, Iéshoua' leur parle et dit : "Je suis la lumière de l'univers. Qui me suit ne marche pas dans la ténèbre, mais il a la lumière de la vie"."
Traduction d’André Chouraqui.
Publié par dictionnaire sahaja yoga

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